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25 janvier 2008

(comme un déjà-vu : ceci sont des reprises de mots)

 

Oui, je t’ai menti sur toute la ligne, je ne m’appelle pas Hélène, je ne suis pas gentille et je ne t’aime pas. Je suis passée chercher ce que j’ai oublié chez toi entre tes draps non je ne t’aime pas certainement pas. Tu me dis cruelle, alors que c’est toi qui me frôles. Tu me dis belle à chaque rideau que je pose devant tes yeux et tu pleures la nuit en étreignant le vide incessant de mes yeux. Tu parles d’amour quand je parle de cerf-volant et tu parles amour quand je te répète que nous sommes qu’enfants.

On me dit étrange et naïve lorsque je souris, on me dit chiante et indécise quand je m’enfuis. J’incarne le rêve et sa liberté, quand je me prends à jouer la folle et l’aliénée. Si j’avais une jupe je la mettrais pour pencher cette table et ton regard, en faisant semblant de ne pas le voir.

C’est vrai, je n’ai besoin d’aucun autre pour me sentir autre, comme je n’ai pas besoin de toi pour être moi. Alors tu hésites et tu t’approches, tu es perdue donc tu t’accroches, avec méfiance parce que mes mots sont des leurres, là pour être beaux.

Je suis venue chercher ce que j’ai laissé entre deux fêtes, entre tes mains, j’ai oublié ma tête.

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12 mars 2007

vers une autre rive

Si l’on ne peut pas me cerner -même d’un judas- c’est normal. J’ai beau vouloir changer mes yeux, je ne change que mon regard et cela un peu plus tous les jours. Je me suis acheté plusieurs paires de lunettes. Des gros verres, des petits verres, des montures noires, des montures multicolores, rayées, ondulées, ovales, carrées et rondes. Parfois j’en mets plusieurs le même jour, lorsque je prévois la péripétie. Les carrées monochromes, c’est pour le travail – j’ai toujours trouvé que cela faisait secrétaire – ou les rondes par exemple, c’est quand je ne me sens plus – je ne sais pourquoi. Les humeurs s’ajoutent et évidement je me retrouve avec un nez à montures exaltant. Quoiqu’il en soit, l’autre ne peut plus me voir. Une fois, une fille m’a dit que c’est pour mieux pleurer, qu’avec tous ces verres les yeux sont naturellement flous. Elle raison, je cache les larmes.
        Le monde tourne mon dos je supporte l’autre et ses misères jusqu’à me plaquer les mains sur les yeux. Je ne vois pas, tu ne me vois plus.
        L’autre est assez étrange, il me regarde de si près que je me retrouve nue comme un ver. Et puis mes verres ne me permettent pas de rendre ce regard, alors je plie mes jambes et mes bras et mon dos et mes yeux dans un coin de la pièce.
- Tu n’es qu’une enfant !
- Oui, je ne veux pas grandir voir le temps s’écouler trop vite et la sensation d’une aiguille qui avance qui bat et qui frappe le coup et ma nuque. Mes yeux devenir gris de la vie sans jamais s’émerveiller. Quand tu marches dans la rue et tu souris, l’autre te répond étrange cette fille mais si tu passes comme une inconnue sans visage un air grave tu n’offenses personne parce que c’est ainsi que l’homme se consomme. Seul.
         Si tu ne peux pas me cerner –même du haut de ton judas- c’est normal. Il n’y a que cette pièce blanche avec ses murs blancs, sans fenêtre, qu’une porte scellée et une ampoule qui pend à ses deux fils. Une fissure dans le plafond. Une brèche qui s’étire jusqu’au centre de la pièce comme si quelqu’un avait trop secoué la boîte de plâtre dans laquelle je me trouve. Il n’a pas été malin ce géant, maintenant entrouverte, mes rêves s’échappent en fumées. En fait, Warckerle avait du prendre ma chambre pour du sucre entre son pouce et son index, mais sentant le petit dé fléchir entre ses énormes doigts, il s’est rapproché du trou. Je sentais ses cils balayer mes murs. Il me demanda si je pleurais.
        Wackerle n’était pas un géant de la nature, les quasi-chauves avec une longue tresse ou ceux à gavroche, d’ailleurs il n’appréciait pas ces autres, il était quelqu’un de civilisé lui, avec un haut-de-forme.
- Tu sais, l’homme est enfant, grandit, puis vieillit et redevient enfant. C’est inévitable.
- Si le plus vieux et le plus sage des hommes n’est qu’un enfant, alors vieillir est inutile. Je ne veux pas avoir de si grandes oreilles pour ne pas entendre. Wackerle, toi qui es si grand, tu ne veux pas être petit ?
        Mais les géants ne remettent jamais en question leur taille, ils disent qu’il y a toujours d’autres grands qui les trouvent petits, ce n’est qu’une question d’échelle. Ils dominent la terre, mais le ciel les dépassera toujours.
        Moi qui suis si insignifiante, le plus petit grain de sable du mandala, j’observe mes murs et leurs tournures quotidiennes grâce à mes lunettes. Lorsque j’y vois le ciel, je me souviens de ma naissance. A l’âge de neuf mois, je savais déjà où lancer mon regard car je me retournai pour regarder le ciel et les étoiles. Wackerle me dit que j’avais beaucoup de courage d’affronter le plus grand des grands d’un regard alors que j’étais minime. J’ai dû lui sourire.
       Tu sais, si tu ne peux me cerner –même de ce judas- c’est normal. Je tourne tellement en rond que tu me redécouvres à chaque regard et moi aussi. Une mioche de sept ans m’a dit que je suis une poupée, une autre –un peu plus vieille- m’a dit que je suis mince. Je n’aime pas les enfants, ils ne savent pas ce qu’ils disent. C’est peut être pour ça que j’écris, parce que je ne sais parler et quoi dire ?

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18 février 2007

 

Pourquoi?

Ce sentiment ce cœur en tête et l’émoi qui me tourne là

 

Perdue mais les épaules vides j’envole les pensées que tu maintiens lorsque tu ouvres les bras et tu n’attrapes pas

 

Je suis déjà éparpillée entre tes doigts et la poitrine

 

Ce n’est pas moi que tu tiens contre toi

 

 

Pour nous il n’y a rien à dire rien à savoir rien qui se cache rien qui vous menace

J’ai cette habitude

Les gens filent et rien ne reste

Qu’un gouffre d’une passion contrôlée et des bras qui touchent le ciel mais jamais le fond

Là où me retiennent mes mots

 

 

Pourquoi ?

Ce creux sous mon sein comme le creux de ta main

 

Le nid de l’oiseau parti alors qu’il était enfoui et oui je m’enfuis

Je cours après ceux qui me consument

Des grains sans gousse de rêves

Rien ne me protège

 

 

(Pourquoi ?)

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14 février 2007

lday2

Bande-son:

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04 février 2007

In this landscape of you

Maintenant que tu t’es évidée comme je me suis perdue, le poing fermé, les yeux brouillés, tu n’attrapes rien. Et moi, les yeux aussi fermés, j’ai ouvert la main et j’ai accueilli le monde.

 

Elle n’est qu’une fille
Des courbes de traits et des yeux plissés
Petite mais pas assez pour l’ignorer
Elle se dit artiste et a des ambitions grandes
Comme le monde
Elle se dit anormale pour se détacher
De tout le monde

Elle n’est qu’une fille

Tant de tristesse, tant d’oubli qu’elle sombre en mélancolie
Les ailes clouées à terre
Elle s’immortalise dans une mer d’émotions où les oiseaux se figent
Où les plumes ne sont que des doigts
Où l’humain est trop soi
Faible vulnérable fille sans conviction sans poésie
Regarde
La poésie commence où le mot s’arrête
Comprend
Que la photographie est art quand elle vit

C’est ainsi que je t’écris.

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16 janvier 2007

(ge)fangen

mccalip007


Et je suis partie.

photographie: Nicolas McCalip

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05 janvier 2007

Voilà ce que je t’écris.

 La vie l’année déjà passée et la sensation qui est restée coincée dans nos entrailles.
Au fond, on ne se lasse jamais de l’étonnement de l’instant du temps et ses caprices et.
Au fond, on est trop curieux pour résister à ce qui fait peur.

Je suis dans le tram, il pleut dehors.
Je veux te voir.
Je te vois déjà, mais derrière cette vitre, tu es trop belle pour respirer. Et je te possède et tes mots. Et je te vis trop pour aimer. Je t’évide de toi de ce que tu es et pas à pas tu n’es pas toi mais à moi. Mon toi.
Montre-toi.

Tout ce qui bat sous terre, ce sont nos cadavres qui s’emmêlent. Nos reliques de vie qu’on n’oublie jamais mais enterrées elles sont plus belles à regarder.
Dans le lit de leurs tombes, les rêves regrettent de n’avoir su persister. Longtemps les membres s’étirent et résistent, mais la vie déchire plus d’une fois. Alors on garde la tête très haute et le coeur trop bas.
J’aimerais.
Le monde et tes bras sans soucis sans éclats sans jamais de questions viens à moi creuser ce qui s’écrase trop lourd dans la terre. J’y plonge mes bras.
Mon intérieur s’étale sur le carrelage rouge et l’arôme humide du froid crispe ma nuque. Mais je fouille et je cherche avidement tes orbites de regards, que tu leurs inspires, que tu les respires d’art.

Tout ce que je t’écris ne se construit qu’en toi. C’est dans le flux de la vie que tu nages.
Où chacun est sa propre épave dont il est esclave.

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13 décembre 2006

nos chemins

Petite conne, lorsqu’on te dit il n’y a pas à céder il n’y a pas à aimer, tu retombes sur tes genoux folle ou effrayée ou juste un peu brisée de tes regrets. Plus ivre que triste tu te bats contre ses débats avant qu’elle s’en aille sans toi. Tu dis la vie te dépasse et les gens passent trop vite pour se retourner, déjà perdue de vue, déjà trop oubliée. L’amour est une putain que tu as trop baisée et usée tu ne retombes plus comme avant, avant tout tes regrets. L’action s’expire mais toi tu ne la respires qu’à demi vraie qu’à moitié fausse tu te trahies tous les jours à nouveau avec tes mots et leurs menottes. Tu es partie tu dis je suis partie mais tu seras toujours là parce que tu ne partiras pas. Tu restes tu dis je reste mais tu t’en iras comme tu t’en vas un peu chaque fois lorsque tu répètes je file là. Mais il n’est toujours trop tard.


Je renais tous les jours pour fuir mon destin pour ne trouver de fin avant ton arrivée. Je t’attends et je t’exècre et je te vois autour de moi, ton reflet qui se trace dans tant de visages où l’apparence se répète tes lèvres dans tant d’autres et une autre qui est peut-être toi. Et je t’attends. Et je t’attends. J’attends à te connaître à te voir naître sous nos draps t’envoler de mon plafond jusqu’à nos bras et t’aimer. Là. Mais il n’est toujours trop tard.


Tu cries à l’abandon dont tu es victime, aujourd’hui seule mais la solitude n’est pas ton habitude et tu déroules tes désirs comme des tapis sur lesquels claquent des talons. De bond en bond en impulsion qui te pousse en arrière et en avant sur cette balançoire des émotions. Les yeux fermés de plaisir du souvenir et de l’étreinte passée. La cyanure s’est effacée entre les mêmes mains placides et écorchées. La mémoire en évidoir, tu te laisses emporter, tu te fais émouvoir. Là, où il n’est toujours trop tard.

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29 octobre 2006

La bobine d'étoiles

Quand l’instant s’étire immuable et notre éternité fade, ce sont nos promesses qui m’oppressent. Elles se faufilent autour de nos langues. Toujours aimer sans jamais oublier d’aimer ce que l’on aime. J’erre dans mes souvenirs et le sabir des sexes, cette bobine de fils qui s’effilent et de filles qui filent. Mais toi seule m’enfile vraiment. La platine s’enroule dans tes yeux de phares blancs et tu supportes mon regard en me suppliant il faut faire attention à ce que l’on dit. Ma bouche d’automate sans homme de sable, l’arène de mes débats d’âme, pose des coups à la minute ou à l’instant. Ma vérité est éphémère comme mon amour, il n’y a que le serment du moment. Là où ta foi te mène et mes émois m’emmènent. Là où tu es et tu seras sans avoir été. Là où je tombe pour être rattrapée. 

(Mes échos s’entendent dans les alentours.)

Je crie mes poumons et mes mots, des bourgeons qui s’expulsent en fin de saison, en marge de cette petite vie qui s’inspire et se consumme sans jamais s’enraciner. Ce n’est pas moi qui avance, c’est le sol qui glisse sous mes pieds nus et se déroule. Un tapis de parques amoureuses.

Je ne dompte pas, je compte les circonstances. Elles tracent des toiles fourbes de leurs doigts et langues filantes jamais lassées de désirs honteux elles me mènent d’un bout de pont à mon bout d’abîme.

Mes pas ne font pas de trace, mes yeux n’ont pas de regard, mon âme est sans ardeur. J’incarne la poupée brisée, celle qu’on a déjà rangée.

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